vendredi 28 juillet 2017
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Patrimoine

Visite du vieux Delle

L’histoire de la ville en quelques mots

Delle existait déjà à l’époque gallo-romaine sous la forme d’une villa installée aux Ier et IIe siècles sur la rive droite de l’Allaine, le long de la grande voie impériale Besançon-Kembs, puis, au moins dès le VIe siècle, un bourg se forma sur l’autre rive. En 736, le comte d’Alsace, propriétaire des lieux, le donna à l’abbaye bénédictine de Murbach qui le conserva jusqu’en 1231. La ville fut ensuite confiée au fils de l’empereur d’Autriche Frédéric II à la condition qu’elle soit fortifiée, ce qui en fit désormais le chef-lieu d’une seigneurie dépendant des terres d’Alsace. Elle obtint cependant en 1358 un certain nombre de libertés, notamment celle de se gouverner elle-même par l’élection d’un groupe de cinq bourgeois, le Magistrat. En juillet 1636, Delle devint française lors de la conquête de la région par les troupes de Louis XIII. Donnée en 1659 au cardinal de Mazarin, elle resta un bien seigneurial jusqu’à la Révolution puis fut promue chef-lieu d’un canton du département du Haut-Rhin. Enfin, en 1871, elle se détacha de l’Alsace avec une centaine d’autres villes pour former le Territoire de Belfort.

1. La tour d’angle sud-est de la ville médiévale

tour carré L’actuel parking des Remparts occupe l’angle sud-est du bourg médiéval. Des recherches archéologiques menées en 1990 et 1991 ont montré l’existence de trois bâtiments successifs. Une grosse maison en pierre axée est-ouest fut d’abord construite au milieu du XIVe siècle. Démolie vers la fin du siècle, elle fut alors reconstruite moins large et une grosse muraille en pierre vint s’appuyer aux deux extrémités pour former l’angle de la ville. En même temps un four à pain et un petit bâtiment en bois et torchis s’élevèrent dans la cour en avant de la façade. Elle fut remplacée en 1609-1610 par un troisième bâtiment, axé nord-sud, qui subsista jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Il en reste aujourd’hui la tour d’angle de la maison. Les deux canonnières qui s’ouvrent dans le haut des façades sud et est permettaient de surveiller les fossés. Les bases des murailles qui limitent actuellement le parking sont des restitutions réalisées en 1994.

2. La Maison des Remparts

maison des remparts La partie la plus ancienne de la maison a été édifiée en 1576 par le prévôt de Delle, Jean Guyat Lovy, en dehors de la muraille de ville, à l’emplacement d’un bâtiment du XIVe siècle. Lors de la construction, :le propriétaire fit sculpter au linteau d’une fenêtre de la façade sud, deux écussons qui portent ses armoiries (à gauche : un cheval) et celles de sa femme (à droite : un cerf). La maison fut rachetée en 1687 par la famille Taiclet dont quatre membres successifs seront baillis de la ville de 1700 jusqu’à la Révolution. L’un d’eux, Melchior-Joseph, doubla la surface de la maison en 1753 en faisant construire contre la face intérieure de la muraille, un bâtiment sensiblement de la même taille que celui des Lovy et abrita l’ensemble sous une même toiture. Après la Révolution, la maison servit de gendarmerie jusqu’en 1976, puis accueillit les activité du Centre Socio-culturel de 1979 à 1992.

3. La Place Raymond Forni

place raymond forni Jusqu’au XIXe siècle, la place se réduisait à la fontaine et à ses environs immédiats. Désirant l’agrandir pour y installer la foire, la ville acheta en 1876 trois vieilles maisons qu’elle fit démolir. L’aménagement actuel date de l’été 1994.

4. La maison Moser

Cette maison fait partie des édifices construits à la fin du XVIe siècle, comme le montre la date de 1573 inscrite au-dessus de la porte de droite de la façade principale. La présence d’une seconde entrée à quelques mètres de la précédente s’explique par le fait qu’il s’agit en réalité de deux bâtiments accolés qui ont connu une vie séparée jusqu’au XVIIIe siècle. Ils furent réunis en 1780 pour former la maison actuelle.

5. L’ancienne boucherie communale

Depuis le Moyen Age la ville disposait du droit d’abattre elle-même les animaux de boucherie. Elle fit donc installer, à côté de la fontaine, un local spécialement aménagé comprenant une grande salle d’abattage et une petite boutique servant au débit de viande. Sa construction date de 1568 si l’on juge par les deux écussons, surmontés d’une inscription incomplète, que l’on peut apercevoir dans la partie haute du pignon. Le bâtiment de la boucherie se limitait initialement à la partie droite. La partie gauche est une extension moderne.

6. Le Vieil Hôpital

Ce nom de Vieil Hôpital évoque le souvenir de l’œuvre charitable qui y fonctionna de 1716 à 1820, mais la maison elle-même est plus ancienne. Elle date sans doute de la seconde moitié du XVIe siècle. Après avoir appartenu à différents propriétaires fortunés, elle fut rachetée par la ville en 1714 pour y installer un hospice que deux bourgeois avaient créé en 1600 au profit des déshérités. Transformé en hôpital militaire à la Révolution, l’hospice, ruiné, disparut en 1820. La maison servit ensuite d’école jusqu’en 1842 puis fut cédée à un particulier avant de redevenir à nouveau communale. De 1965 à 2001, elle accueillit les Services Techniques de la Ville.

7. La maison à cariatides

maison des cariatides Ce bel édifice date de 1577. Il fut construit par les bourgeois de Delle pour servir de maison commune et pour y rendre la Justice dans une grande salle du premier étage, le reste du bâtiment étant loué à un particulier pour y installer une auberge, l’hôtel de la Couronne. L’aspect extérieur n’a guère changé depuis le XVIe siècle. Côté rue, on peut voir au linteau d’une fenêtre du premier étage les armoiries de la ville et la date de construction. Les cinq cariatides de la façade sont exceptionnelles. Elles constituent avant tout des poutres destinées à soutenir la partie supérieure du pignon mais elle présentent également un caractère symbolique. Le personnage central qui porte le glaive et la balance est évidemment l’image de la Justice. L’identification des autres figures est plus délicate. Elles peuvent représenter la civilisation face au monde sauvage. Les cinq éléments sculptés symboliseraient donc la Justice s’étendant à l’ensemble de l’humanité. Les cariatides sont classées au titre des Monuments Historiques depuis 1970.

8. La grande fontaine

 Au XVIIIe siècle, la fontaine se composait simplement de deux auges en pierre rectangulaires placées bout à bout alimentées par un tuyau sortant d’un pilier de section carré. Devenue insuffisante, l’installation céda la place en 1828 à l’édifice actuel. Sur la colonne de forme toscane fut alors placé un vase en pierre puis à partir de 1891 un buste de la République. La plaque qui y figure porte l’inscription latine : ERECTA ANNO 1828 – UTERE NE TURBA ce qui peut se traduire par Erigée en l’an 1828 – Bois, ne trouble pas.

9. L’ancienne buvette

maison des cariatides Construite au XVIe ou au XVIIe siècle, cette maison accueillit longtemps une auberge qui s’appelait la Demi-Lune, d’où l’inscription Buvette que l’on peut encore lire sur la façade. L’impasse qui s’ouvre à droite de l’immeuble permet de découvrir la terrasse du château ainsi qu’un tronçon de la muraille de la ville.

10. L’ancien Hôtel de Ville

CCST Ce bâtiment est resté l’Hôtel de Ville jusqu’en 1997. Il a été construit en 1756 pour tenir les réunions des élus et servir en même temps, au rez-de-chaussée, de halle aux grains. Deux grandes plaques commémoratives rappellent le souvenir de la libération de Delle le 18 novembre 1944. Il est désormais le siège de la Communauté de Communes du Sud Territoire.

11. La maison Feltin – Hôtel de Ville actuel

maison feltin  Avant de devenir l’hôtel de Ville actuel, la maison appartenait à la famille Feltin dont un des membres devint cardinal archevêque de Paris (Maurice Feltin, 1883-1975). Adossée à la muraille, elle a été construite en 1581 par le prévôt et bailli Louis Lourdel à l’emplacement d’un bâtiment médiéval qui datait probablement du XIVe siècle. On peut voir, dans l’angle de la tourelle d’escalier, une plaque portant deux écussons martelés ainsi que la date de construction qu’accompagne la devise du constructeur, SEQVITVR FORTVNA LABOREM – Le travail engendre la fortune. Tombée entre les mains d’un riche bourgeois de la ville, avocat au Conseil Souverain d’Alsace, Henri Boug, la maison fut passablement modifiée dans les années 1725-1726. L’aménagement intérieur fut profondément remanié, les fenêtres à meneaux disparurent, le portail à colonnes qui se trouvait en façade fut déplacé, un simple mur contre lequel vint s’appuyer la galerie et la tour carrée abritant les latrines remplaça la muraille de ville entre la maison et la terrasse du château. Enfin des jardins à la française furent aménagés devant la maison jusqu’à l’angle de la Grand-Rue. Rachetée en 1770 par une famille d’agriculteurs originaires du haut Doubs, elle resta alors inchangée jusqu’à son rachat par la Ville en 1993. Les anciennes granges construites en 1881, restaurées en 2001, abritent aujourd’hui les Services Techniques de la Ville.

12. La petite fontaine

petite fontaine La date de construction de la fontaine est inconnue. La colonne centrale qui est visiblement la partie la plus ancienne date sans doute du XVIe ou du XVIIe siècle. Le bassin, plus récent, porte la date de 1848.

13. La maison Belin

Cette maison est surtout à signaler pour la belle pierre sculptée que l’on peut voir figurer au-dessus de l’arcade s’ouvrant dans la façade latérale. Ce bloc est orné de deux clés croisées qu’encadrent la date 1732 et les lettres P B. Ce sont les initiales du serrurier Pierre Belin qui la fit reconstruire à cette époque à partir d’une maison plus ancienne.

14. La maison Boug

La maison a été construite en 1706 par un ancien soldat des armées de Louis XIV, Julien Boug. Devenu bourgeois de Delle, puis nommé procureur fiscal (percepteur) par le duc de Mazarin, il disposait d’une fortune qui lui permit d’acheter trois maisons pour les démolir et construire à la place l’immeuble actuel.

15. La maison du Père Joseph

Cette maison doit sa particularité à la personnalité du celui qui l’occupa de 1894 à 1931. Réputé pour sa sainteté, le Père Jules Etienne Joseph était sollicité, parfois de très loin, pour ses conseils éclairés. Il reçut ainsi un jour la visite de la duchesse de Bourbon-Parme, tante de l’impératrice d’Autriche Zita. A sa mort en 1931, il laissait le souvenir d’un prêtre exceptionnel. S’interrompirent en même temps les phénomènes paranormaux que beaucoup de Dellois affirmèrent avoir observés à plusieurs reprises dans son grenier.

16. L’emplacement de la porte d’Allemagne

• La porte de ville
Ici s’ouvrait l’ancienne porte de la ville, la porte d’Allemagne, qui permettait par delà le pont de prendre le chemin de l’Alsace ou de la Suisse voisines. Sans doute construite vers la fin du XIVe siècle en même temps que les murailles, elle était munie côté extérieur d’un pont-levis franchissant le canal du moulin et, côté intérieur, de portes solides que l’on fermait pendant la nuit. Elle disparut en 1812 à la suite d’un incendie qui détruisit plusieurs maisons voisines.
• La marque de l’inondation de 1714
Contre le mur de la maison est visible une pierre sculptée montrant les armoiries de la ville sous lesquelles on peut lire l’inscription MARQUE DE L’INONDATION DU 6 7BRE 1714. Elle indique en effet la hauteur qui fut atteinte par l’eau au cours d’une terrible inondation qui se produisit dans la nuit du 6 au 7 septembre 1714. Même s’il n’y eut pas de victimes parmi les habitants, toutes les constructions de la partie basse de la ville souffrirent beaucoup, y compris l’église dont il fallut abattre le clocher.

• Le grand pont

pont de l'allaine
Le pont a été construit en 1874 à la place d’un pont en pierre que les Dellois avaient érigé en 1551 et qui remplaçait lui-même une vieille construction de bois datant du Moyen Age. De l’ancien édifice du XVIème siècle, il reste le socle du calvaire qui l’ornait dans sa partie centrale (voir note suivante) et une pierre gravée aux armes de la ville que l’on peut également apercevoir depuis le chemin des Boillat encastrée sous le tablier, côté aval. 

17. La maison dite « natale » du général Schérer

• Le général Scherer
Né à Delle en 1747, le général Barthélemy-Louis-Joseph Scherer fut un des personnages marquants de la Révolution. Après s’être illustré à l’Armée du Nord de 1792 à 1794 puis à l’Armée des Pyrénées Orientales, enfin à celle d’Italie en 1795, il accepta en juillet 1797 de devenir Ministre de la Guerre, fonction qu’il assuma jusqu’en février 1799. Il mourut en 1804 à Commenchon (Aisne). On lui doit le principe de la conscription qu’il fit appliquer pour remplacer l’armée de volontaires levée en 1792. En 1897, le Souvenir Français voulant commémorer sa mémoire, fit sceller une plaque en fonte émaillée sur sa « maison natale ». Elle s’y trouve toujours en dépit de l’erreur qui fut commise ce jour-là. En effet, au moment de la naissance de Scherer, les lieux étaient occupés par des jardins. La maison actuelle  ne sera construite qu’après 1826.

• Le calvaire
pont de l'allaine  Le socle du calvaire constitue la plus vieille pierre sculptée que l’on puisse voir à Delle. Il se trouvait initialement au milieu du pont de pierre, adossé au parapet amont. Sur la face tournée vers la chaussée est sculpté un écu qui porte côte à côte à égalité les armoiries de la ville, les joncs verts sur fond jaune, et celles des archiducs d’Autriche, une barre grise sur fond rouge. En dessous, un texte en lettres gothiques fournit les noms des bourgeois qui firent construire le pont. La face du socle aujourd’hui tournée vers la Rue Saint-Nicolas est ornée d’un autre écusson qui porte les lettres IHS, abréviation de Iesus Hominum Salvator, c’est-à-dire Jésus Sauveur des Hommes. Sur la face opposée, un bandeau donne la date de 1551.

• Le square – Au coin du pont se trouvait une petite place triangulaire sur laquelle fut d’abord inauguré en juillet 1914 un buste du général Scherer. En 1920, les élus décidèrent de transformer l’endroit en Square de la Victoire et d’y élever un monument aux morts. Le buste de Scherer fut donc déménagé. La statue du Poilu telle qu’on peut toujours la voir fut inaugurée le 22 octobre 1922.

18. L’ancienne grange des dîmes

Cette grosse maison était à l’origine une grange construite en 1600 sur ordre des archiducs d’Autriche pour y entreposer les grains provenant de la dîme. Au milieu de la façade donnant sur la Grand-Rue, on peut apercevoir un écusson qui porte les armoiries des archiducs. Devenue propriété des ducs de Mazarin en 1659, elle fut rachetée en 1753 par le curé de Delle qui la transforma en maison d’habitation.

19. L’ancien moulin banal

Le moulin, qui existe sans doute depuis le Moyen Age fut jusqu’à la Révolution la propriété des archiducs d’Autriche puis des Mazarin. Il était banal, c’est à dire que les sujets de la seigneurie étaient obligés de venir y faire moudre leurs grains. Il fonctionnait grâce aux deux puis trois roues (à partir de 1730) qui tournaient dans le canal longeant la muraille de la ville. Il fonctionna jusqu’en 1900.

20. L’église Saint-Léger


• L’église
Eglise Saint-Léger  La création de la paroisse de Delle, dont le patron est saint Léger, date sans doute de l’époque carolingienne mais l’église primitive n’existe plus. Elle fut totalement remplacée en 1573 par un bâtiment plus grand dont il reste aujourd’hui la partie basse du mur nord ainsi que le portail principal. L’édifice fut ensuite profondément modifié en 1709 puis l’inondation de septembre 1714 y provoqua beaucoup de dégâts, notamment au clocher qui dut être démoli. Complété en 1744 du côté sud par une chapelle extérieure consacrée à Saint-François-Xavier, l’édifice fut à nouveau en grande partie détruit en 1857 par un incendie qui obligea à le reconstruire presque en totalité. De l’ancien mobilier il ne reste donc rien à l’exception du bel autel secondaire, de style Louis XV, que l’on peut voir dans la chapelle latérale. Acheté à Besançon à la fin de l’année 1793, il fut installé dans le chœur où il servit de maître-autel. Après l’incendie auquel il échappa, on profita des travaux de reconstruction pour le transférer dans la chapelle du Sacré-Cœur. Il a fait l’objet d’une restauration en 2000. Les orgues Schwenkedel datent de 1967. Restaurées en 1994, elles sont composées de vingt et un jeux et un tremblant, deux claviers et un pédalier. Cette palette sonore permet d’interpréter la musique ancienne et d’ouvrir sur un répertoire de musique française. La caractéristique de l’instrument est ses trompettes en chamade.

• L’ancien cimetière
Depuis l’origine, l’église était entourée d’un cimetière dans lequel on inhumait les paroissiens de Delle et de Joncherey. Désaffecté à la Révolution, il fut transformé en place publique. Il correspond aujourd’hui à la Place de l’Eglise et à la Rue Campredon. Du cimetière disparu, il reste toutefois un souvenir : les lettres CGANEB que l’on peut lire gravées sur le contrefort central du mur nord de l’église. Ce sont les initiales d’une épitaphe à jamais anonyme : Ci gît Anne B…

21. L’ancienne Caisse d’Epargne

Ce bâtiment de briques qui porte au fronton la date de 1902 ainsi que les mots TRAVAIL et ECONOMIE fut construit pour accueillir la Caisse d’Epargne et de Prévoyance que le Conseil municipal avait créée en 1875. Devenue autonome en 1907, l’institution y resta jusqu’en 1997 puis elle quitta la maison qui devint presbytère.

22. Le groupe scolaire des Marronniers

Delle ne dispose d’un bâtiment spécialement consacré à l’école que depuis 1840. C’est le pavillon qui se trouve à l’angle de la Place de l’Eglise et de la Rue des Ecoles. Avec l’application des lois Ferry (1881 et 1882) qui rendirent l’école gratuite, laïque et obligatoire, puis le ministère Combes (1902-1905) qui retira en 1904 aux congrégations religieuses le droit d’enseigner, le nombre des élèves augmenta beaucoup. En 1885 il fallut donc construire, parallèlement à l’église, un grand bâtiment comportant initialement un rez-de-chaussée et un étage. Puis en 1930-31 une nouvelle construction s’éleva au fond de la cour, le long du canal. Le nombre d’élèves s’accroissant toujours, l’édifice construit vers l’église dut être en 1936 surmonté d’un second étage. Les deux écoles, l’une de garçons, l’autre de filles, y fonctionnèrent séparément jusqu’en 1968, puis les classes supérieures devenues Collège d’Enseignement Général quittèrent les lieux en même temps que les classes professionnelles que les usines delloises y avaient installées.

23. La maison dite « de la tabatière »

Cette maison, qui fut reconstruite en 1773, doit son nom particulier au fait qu’elle fut achetée en 1809 grâce à une tabatière en or sertie de brillants que l’impératrice Joséphine avait donnée à l’évêque constitutionnel du Haut-Rhin devenu évêque concordataire d’Aix-la-Chapelle, Marc-Antoine Berdolet. Léguée en héritage par l’évêque à son neveu Antoine-Nicolas, la vente de l’objet rapporta suffisamment d’argent pour que ce dernier puisse acquérir la maison pour y loger toute sa famille.

24. La maison à tourelle

Maison a tourelle Cette belle demeure a été construite à l’extrême fin du XVIe siècle par Henri Lovy, fils aîné du prévôt Jean-Guyat Lovy à qui l’on doit la maison des Remparts. Elle se présentait à l’origine, semble-t-il, avec deux tourelles, et était ornée de fenêtres à meneaux. Un galerie accrochée sur le côté de la maison surplombait un petit ruisseau qui coulait à l’emplacement du passage actuel. En 1652, elle devint la maison du curé de Delle, Jean-Jacques Bonjean. De son époque date l’écusson que l’on peut voir en façade, retourné la pointe en l’air, et qui porte en caractères gothiques les lettres IHS encadrées de l’inscription latine Nomen super omne nomen (le Nom au-dessus de tout). Le monogramme du Christ se retrouve également sur la pierre qui orne aujourd’hui le linteau de la poterne donnant accès au parking. La maison fut modifiée peu avant la Révolution par un bourgeois de Delle, agent des ducs de Mazarin, Antoine-Xavier Reiset. Le propriétaire remplaça les fenêtres anciennes par des ouvertures modernes et construisit certainement aussi le bâtiment qui la prolonge vers l’arrière. En 1837 la Ville acquit l’immeuble et ses dépendances et y installa le presbytère. Après le départ du curé en 1948, la maison annexée à l’école fut convertie en appartements de fonction et les jardins devinrent une cour de récréation pour les garçons.

25. L’ancien Hospice Viellard

Jusqu’en 1821, cette propriété constituait une dépendance de la Maison des Remparts. Après avoir appartenu au début du XIXe siècle à un négociant en vin, elle fut revendue en 1859 à la famille Viellard. En 1863, les propriétaires, industriels à Morvillars et Grandvillars, y construisirent alors pour leurs ouvriers une maison de retraite dotée de vastes jardins et vergers (actuel parking et abords) dont la gestion fut confiée aux religieuses de la Congrégation de Sainte Jeanne-Antide, dites encore Sœurs de la Charité. En 1985, l’institution fut reprise par le Département qui la conserva jusqu’au départ des pensionnaires en 1993.

26. Le mur de rempart

• Le rempart de la ville
  Le rempart de pierre qui ceintura la ville du XIVe au XVIIIe siècle est ici conservé sur la presque totalité de sa hauteur. Il ne manque que le chemin de ronde couvert d’une toiture sur lequel les bourgeois de la ville montaient la garde. La Batte, coulant à ses pieds servait de fossé.

• Le buste du général Scherer
Le buste du général Scherer, inauguré au coin du pont en 1914, avait été déménagé à l’angle de la Grand-Rue lors de la création du square en 1922 (voir note 17). Il y resta jusqu’en janvier 1942 puis le bronze fut descendu de son piédestal pour être envoyé à la fonte. Le buste actuel, rétabli au cours de l’été 2001, a été coulé à partir du plâtre qui avait été réalisé lors de son enlèvement.

27. La tour d’angle sud-ouest de la ville

Cette tour qui défendait l’angle de la ville a probablement été construite en même temps que les murailles, vers la fin du XIVe siècle. Elle est donc plus ancienne que celle du parking des Remparts. Elle dominait le fossé sud dans lequel coulait la Batte et le fossé ouest, resté sec, qui remontait jusqu’à la porte de France. La date de 1627 surmontée des deux écussons représentant les armes de la ville et celle des archiducs d’Autriche que l’on peut voir au-dessus d’une petite fenêtre murée, correspond à des travaux de restauration de la tour.

28. L’emplacement de la porte de France

La porte de France qui s’ouvrait à cet endroit ressemblait beaucoup à l’autre entrée de la ville. Elle permettait de se diriger sur Belfort ou Montbéliard en empruntant l’actuelle Rue de la Paix. Devenue trop délabrée faute d’entretien, elle fut démolie au début du XIXe siècle. A son emplacement est fixée une plaque commémorant la prise de la ville en 1636 par le comte de la Suze au nom du roi de France.

29. L’emplacement du château médiéval

Sur cette terrasse se trouvait le château médiéval dont la construction avait été décidée en 1231. Il se présentait sous l’aspect d’une grosse forteresse carrée renforcée par quatre tours d’angle dont la plus grande, munie d’une double enceinte, servait de donjon. Entre les tours, adossés aux murailles, se trouvaient le bâtiment seigneurial, la caserne des soldats, une chapelle, les granges et les écuries ainsi que le logement du portier. Le château fut démoli après la conquête française, en 1673, sur ordre du roi, pour éviter qu’il ne retombe entre les mains des Autrichiens. Il n’en reste plus aujourd’hui que le puits et une partie des fossés comblés qui subsistent sous la forme d’espaces verts privés dépendant des maisons voisines.

30. L’arrière de la maison Feltin

maison feltin La tour carrée ainsi que le mur qui la relie à la terrasse du château datent des années 1725. En revanche, la façade arrière de la maison Feltin est constituée par la muraille de la ville dont on a simplement réduit l’épaisseur et dans laquelle des fenêtres furent percées au XVIIIe siècle.

31. Le chemin des Boillat

La visite se termine ici par le chemin des Boillat, ou Boyat, qui ramène le promeneur à l’ancienne porte d’Allemagne. Le nom particulier désignant cette ruelle qui longe la rivière vient de celui d’une famille, mentionnée au XVIIe siècle, qui habitait dans les environs de la porte.
A NOTER : Un jeu de piste dénommé "Découvrir Delle en s'amusant" vous fera découvrir, de manière ludique, notre patrimoine. Disponible à l'Office du Tourisme.

Plan de la visite réalisé par les Services Techniques de la Ville de Delle – © Texte Michel Colney



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Delle Infos n°104

visuel Delle Infos

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Agenda

  • Jeudi 3 août - 18H00 rendez-vous parking des Remparts - Visite guidée nocturne de la Ville

    Inscriptions auprès de l'Accueil de la Mairie
    Coût : 3.10 € adultes, 1.60 € enfants

  • Jeudi 10 août - 14h00 rendez-vous sur place - Visite de la Caserne des Sapeurs-Pompiers

    Inscriptions auprès de l'Accueil de la Mairie
    Coût : 3.10 € adultes, 1.60 € enfants

  • Jeudi 17 - 14h00 - Pisciculture du Moulin

    Dell'Eté découvertes : visite guidée de la pisciculture du Moulin et de la société Sundgau Poissons
    Plus d'infos : www.delle.fr

  • Samedi 26 août - 8h30 rendez-vous en mairie - A la découverte de la forêt et des champignons

    Inscriptions auprès de l'Accueil de la Mairie
    Coût : 3.10 € adultes, 1.60 € enfants

  • Jeudi 31 - 14h00 - Atelier Scrapbooking

    Dell'Eté découvertes : atelier scrapbooking pour les adultes et les enfants de plus de 12 ans
    plus d'infos : www.delle.fr

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